Les pierres gravées

LA COUPE FARNÈSE

Musée Archéologique National de Naples

tassa-napoli-thN. réd. Camée en sardonyx à quatre couches, travaillé en relief sur ses deux faces. Oeuvre réalisée à Alexandrie, en Égypte, à l’époque hellénistique (Ier siècle av.J.C.), c’est une coupe sans patte (tasse pour des libations), utilisée lors des cérémonies religieuses à la cour egyptienne. La décoration intérieure, une minutieuse allégorie de la prospérité de l’Égypte pendant le règne des Ptolémées, a une double interprétation, une egyptienne, autre grecque.
On suppose qu’elle représente la triade egyptienne divine Sérapis-Isis-Harpocrate, ou la triade grecque célébrée lors des Mystères d’Éleusis: Hadès/Pluton-Déméter-Horus/Triptolème. À droite-en bas, deux personnages féminins, représentant peut‑être les saisons. En haut, deux jeunes hommes s’envolent, un d’eux sonnant de la trompette, représentant les vents Étésiens qui causent les innondations du Nil. À l’extérieur une grande masque apotropaïque regarde d’une manière menaçante les ennemis de l’État. La représentation, en son ensemble, serait donc une allégorie de la prospérité pendant le règne des Ptolémées en Égypte. Les images représenteraient Cléopâtre III, son mari, Ptolémée VII (mort en 116 av. J.C.) et le fils Ptolémée X Alexandre; mais selon d’autres, sur la coupe est représentée Cléopâtre VII, la dernière reine de l’Égypte, vaincue par Octavien, en 31 av. J.C. En amalgamant les divinités egyptiennes et grecques et en les identifiant avec les membres de la famille royale, la dynastie des Lagides essayait de perpétuer la conception traditionnelle du pouvoir divin, héritée de l’Égypte pharaonique.
Après la conquête de l’Égypte par Octavien, en 31 av. J.C., la Coupe Farnèse est entrée dans le Trésor Impérial de Rome; après la chute de l’Empire elle a été emportée à Constantinople, mais on suppose qu’elle est revenue à l’Italie après l’occupation de Byzance, en 1204. Au XVème siècle, de la cour de Frédéric II de Svevie elle est arrivée à la cour persane d’Herat ou peut-être de Samarkand, d’où elle est rentrée à l’Italie, à la cour d’Alphonse d’Aragon de Naples. Finalement, Laurent le Magnifique a acquis la fameuse «coupe en calcédoine» à Rome, en 1471. Ultérieurement elle passe dans la possession de Marguerite d’Autriche, ensuite elle arrive à faire partie des collections de la famille Farnèse, laquelle l’a cédée au Musée Archéologique National de Naples.

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